Deux semaines pour construire pointeuse.be : les coulisses
pointeuse.be, notre SaaS d’enregistrement du temps de travail, est passé de la décision à la production en deux semaines. Notre équipe l’a ensuite utilisé un mois avant de l’ouvrir au public. Voici le problème qu’il résout, les choix qu’on a faits et la façon dont il est construit.
Le problème : l’obligation de 2027 et la pointeuse murale
L’enregistrement du temps de travail doit devenir obligatoire pour tous les employeurs belges, privés et publics, quelle que soit leur taille. L’avant-projet de loi vise le 1er janvier 2027, avec une période transitoire jusqu’au 31 mars 2027. Le texte n’est pas encore voté et peut encore évoluer (analyse publiée par Forum for the Future (nouvel onglet)).
La loi ne devrait imposer aucune technologie : badge, logiciel ou application, l’employeur choisit, tant que le résultat est objectif et fiable. Dans beaucoup de PME, ce suivi se fait encore à la main ou dans un tableur.
La réponse classique, la pointeuse murale, suppose que tout le monde passe par le même bâtiment. Elle ne sert à rien pour une aide-ménagère qui enchaîne les domiciles, ou pour un technicien qui commence sa journée chez un client. Ce que prévoit précisément l’obligation, on le détaille sur pointeuse.be (nouvel onglet).
Ce qu’on a construit
pointeuse.be met la carte de pointage dans le téléphone et sur l’ordinateur : au bureau, en télétravail ou chez un client. Le travailleur pointe d’un geste, et les heures se comptent toutes seules, sans tableur ni calcul à la main. Sur ordinateur, celui qui pointe par exception n’a même rien à faire tant qu’il respecte son horaire.
Chaque travailleur a accès à son propre compte, d’où il fait aussi ses demandes de congé. Aucun matériel à acheter, rien à installer.
Le produit existe en français et en néerlandais, sous le nom klokmachine.be (nouvel onglet). Il est gratuit jusqu’à deux travailleurs et s’essaie trente jours, sans carte bancaire.

Les choix qui comptent
Trois décisions font la différence entre un outil de pointage qu’on utilise et un outil qu’on contourne.
Ne pointer que les écarts
Pour un bureau, un atelier ou un commerce aux horaires fixes, pointer quatre fois par jour devient vite une corvée, et les oublis suivent. L’employeur encode donc l’horaire une fois, par exemple de 9 h à 17 h, et la journée s’enregistre seule. Le travailleur ne signale que les écarts : retard, départ anticipé, heures supplémentaires, absence.
L’avant-projet de loi admet ce principe, à condition que le système reflète les heures réellement prestées. Les syndicats le contestent : si le texte final change, pointeuse.be suivra.
Une position par pointage, rien entre deux
Pour les équipes qui travaillent chez des clients, l’employeur peut activer la géolocalisation. Le travailleur pointe en arrivant, et l’employeur a la preuve de sa présence sur place.
L’application enregistre une seule position, au moment du pointage, et rien entre deux. Pas de suivi en continu : c’est plus défendable au regard du RGPD, et plus facile à faire accepter par les équipes.
Pas de QR code sans géolocalisation
L’idée paraît évidente : coller un QR code chez le client et le faire scanner à l’arrivée. Seul, il ne prouve rien : un QR code se prend en photo, et la photo se scanne de n’importe où.
Couplé à la géolocalisation de l’application, il devient une preuve, puisqu’on sait où il a été scanné. C’est l’une des options à venir.
Comment c’est construit
pointeuse.be repose sur le même socle que tous nos SaaS. C’est ce socle, avec l’IA, qui explique les deux semaines.
Les technologies
Le back-end est en .NET, la base de données en PostgreSQL, l’application web en Angular. L’application mobile est elle aussi écrite en Angular, puis empaquetée avec Capacitor. Quand une application demande beaucoup d’interactions, on utilise d’autres technologies ; celle de pointeuse.be est assez simple pour qu’un portage en Angular suffise.
L’IA a écrit le code, pas l’architecture
Tout le code de pointeuse.be a été écrit par l’IA. L’architecture, elle, était entièrement cadrée avant la première ligne, par des documents communs à tous nos SaaS. L’IA travaille à l’intérieur de ce cadre ; elle ne le choisit pas.
Le code qu’elle produit s’accompagne de très nombreux tests automatisés. Les points surveillés en priorité sont la sécurité et le respect de l’architecture.
Un socle commun à tous nos SaaS
Chacun de nos produits reçoit d’office les mêmes fondations :
- authentification avec Keycloak et double authentification (2FA) ;
- chiffrement en base des données qui le demandent ;
- sauvegardes, avec restauration à un instant précis (point-in-time restore) ;
- hébergement en Europe ;
- côté administrateur, la possibilité d’imposer la double authentification aux utilisateurs du compte, ou à tous ses autres administrateurs.
pointeuse.be en a hérité dès le premier jour, sans qu’on ait à les réinventer.
L’hébergement
pointeuse.be tourne sur une infrastructure que nous administrons nous-mêmes : serveurs durcis, redondance.
Un mois chez nous avant d’ouvrir
Deux semaines après la décision, pointeuse.be tournait en production chez nous. Notre équipe l’a utilisé pour pointer pendant un mois, en télétravail comme au bureau de Mons, avant l’ouverture des inscriptions au public.
Ce que ça dit de notre façon de travailler
pointeuse.be est un produit Corellia, mais c’est la démarche que nous suivons quand nous développons des logiciels pour nos clients. On cadre avant de construire, on tranche les choix avec le métier en tête, et on ne réinvente pas ce qui existe déjà.